Là où on se tient, la terre se souvient réunit les artistes Cassi Camille, Sam Duquette, Elodie Dubuc-Bernard, Owen Herlin, Sara Mericle et Kimberly Orjuela, membres du collectif montréalais Everything Already Present. Présentée dans le cadre de la 6e Biennale de céramique Virginia McClure et à l’approche du 80e anniversaire du Centre des arts visuels, l’exposition répond à une question : ‘À quoi ressemblerait un centre des arts visuels fondé aujourd’hui, et quelles préoccupations devraient l’animer ?’. En réponse, le collectif place la responsabilité écologique au cœur de sa réflexion.
Ancrée dans un engagement commun envers des pratiques céramiques durables, l’exposition explore les relations entre les êtres humains et les environnements qu’ils habitent. À travers des recherches menées à partir de matériaux récupérés, de cendres de bois et d’argiles récoltées localement dans les paysages de Tiohtià:ke/Mooniyang et au-delà, les artistes examinent les impacts environnementaux de l’extraction des ressources tout en explorant des façons plus réciproques d’entrer en relation avec le territoire.
Réunissant six perspectives distinctes, personnelles et politiques sur l’identité, les droits des femmes, la justice environnementale et l’effacement des histoires culturelles, l’exposition ouvre un espace de dialogue autour des enjeux sociaux et écologiques contemporains. En considérant l’argile à la fois comme matière et comme outil de recherche, Là où on se tient, la terre se souvient invite à réfléchir à notre relation au lieu et aux responsabilités qui accompagnent nos façons de créer, d’utiliser les ressources et de retourner à la terre.
En plus de leurs travaux singuliers, l’exposition comprend une œuvre collective, accompagnée d’un livret de ressources partageant les recettes développées par les artistes pour récolter, transformer et réutiliser les matériaux locaux.
les artistes
Everything Already Present est un collectif composé de six artistes céramistes (Kimberly Orjuela, Cassi Camille, Sara Mericle, Sam Duquette, Élodie Dubuc-Bernard, Owen Herlin) qui mettent en commun des perspectives et des expériences diverses afin d’explorer des enjeux au cœur de la céramique contemporaine. S’étant rencontré·e·s à l’Université Concordia, les membres du collectif se sont rassemblé·e·s autour d’une volonté commune de contribuer au développement et au soutien d’initiatives qui renforcent les communautés, tout en approfondissant les questions liées à la durabilité. Leur engagement se manifeste par des projets de médiation communautaire, des activités de collecte de fonds en faveur de l’enseignement de la céramique, le partage de connaissances entre pairs, ainsi que par le développement de recherches et de pratiques plus durables en matière de matériaux au sein des institutions.
Cassi Camille est une artiste interdisciplinaire d’ascendance haïtienne et québécoise basée à Montréal (Tiohtià:ke / Mooniyang). Diplômée en céramique de l’Université Concordia, sa pratique explore l’existence, le rituel, l’ancestralité, la communauté et les cycles du temps. À travers la sculpture, le relief et l’expérimentation matérielle, elle s’intéresse à la mémoire, à la résilience, aux traumatismes intergénérationnels et à la joie des communautés diasporiques.
Sam Duquette est une artiste multidisciplinaire basée à Montréal (Tiohtià:ke / Mooniyang). Diplômée en céramique et sculpture de l’Université Concordia en 2024, elle travaille à la croisée de l’artisanat, de la recherche et des pratiques archivistiques. Sa pratique explore les liens entre matérialité, patrimoine archéologique et identité, avec un intérêt particulier pour la fluidité de genre et les expériences trans.
Elodie Dubuc-Bernard est une artiste céramiste basée à Montréal (Tiohtià:ke / Mooniyang). Diplômée de l’Université Concordia en 2024, elle explore les relations entre nature et culture à travers l’argile locale, les cendres et les matériaux récupérés. Inspirée par les jardins et l’aménagement paysager, sa pratique s’intéresse aux frontières que nous construisons entre le naturel et le culturel.
Owen Herlin est un artiste basé à Montréal (Tiohtià:ke / Mooniyang), dont la pratique combine céramique, zines, vêtement et réemploi créatif. Diplômé en céramique de l’Université Concordia en 2024, iel travaille avec des matériaux locaux et récupérés pour explorer les temporalités écologiques, l’érosion et les transformations du monde bâti. Son travail s’intéresse également aux déplacements des matériaux dans un monde façonné par l’extraction.
Sara Mericle est une artiste céramiste basée à Montréal (Tiohtià:ke / Mooniyang). Diplômée en céramique de l’Université Concordia en 2024, sa pratique explore la fragilité, la permanence et les transformations des écosystèmes. Elle travaille avec de l’argile et des cendres locales ainsi qu’avec des fragments de céramique récupérés, cherchant à redonner une valeur aux matériaux rejetés et à développer des modes de création plus lents et durables.
Kimberly Orjuela est une artiste visuelle née en Colombie et basée à Montréal (Tiohtià:ke / Mooniyang). Diplômée de l’Université Concordia en 2023, elle explore la restauration des liens ancestraux et relationnels comme formes de guérison et de résistance. À travers la sculpture en terre cuite et des symboles issus de traditions précolombiennes, son travail aborde notamment la décolonisation, la résilience et les enjeux environnementaux contemporains.
ateliers connexes
à propos de la biennale
La Biennale de céramique Virginia McClure est dédiée à la célébration de l'excellence et de l'innovation dans l'art céramique contemporain. Pour chaque édition de la Biennale, un.e commissaire invité.e a carte blanche pour organiser une exposition d'œuvres exceptionnelles d'artistes dans le domaine élargi de la céramique. Les éditions précédentes ont été organisées par Jean Pierre Larocque (Caméléon, 2014), Linda Swanson (Épisode, 2016), Luc Delavigne (573°, 2018), Amélie Proulx (XYZ, 2021) et Leisure (Meredith Carruthers et Susannah Wesley) (Façonner l'amitié, 2024).
La Biennale rend hommage à l'héritage de Virginia McClure, artiste céramiste et membre du Potters' Club qui est par la suite devenu le Centre des arts visuels. Chaque biennale comprend des événements de programmation publique et s'accompagne d'une publication.


